Une vision pour Besançon ancrée dans sa jeunesse
Lors d’une conférence de presse le 16 décembre 2025, la liste « Besançon Forte et Solidaire » a dévoilé les grandes lignes de son projet pour la ville, articulé autour d’un axe central et structurant : la jeunesse. Loin de la considérer comme un simple enjeu catégoriel, notre liste propose de faire de la jeunesse le fondement d’une vision globale pour l’avenir de Besançon. Cette approche repose sur la conviction que les jeunes ne doivent pas être de simples bénéficiaires des politiques publiques, mais les acteurs principaux de la construction de la cité de demain. Le projet se décline ainsi autour de la co-construction, de la solidarité et de la promotion d’une démocratie apaisée et citoyenne, où chaque génération trouve sa place et contribue à l’effort collectif.

Revitaliser la démocratie et l’engagement citoyen des jeunes
Partant du constat alarmant d’une abstention atteignant 60 % chez les 18-24 ans lors des dernières élections européennes, les membres de la liste « Besançon Forte et Solidaire » identifient la reconnexion de la jeunesse à la vie politique locale comme une priorité stratégique. L’objectif est de transformer la dépolitisation en un engagement concret et de proximité. Pour ce faire, plusieurs propositions sont avancées pour stimuler la participation et rendre la démocratie plus tangible.
- Décentralisation du Conseil Bisontin des Jeunes (CBJ) : Plutôt que de maintenir une instance centralisée, le projet propose de s’appuyer sur des structures préexistantes pour créer un « parlement » de la jeunesse réparti sur les territoires. En mobilisant directement les délégués de classe (du primaire, de collège et de lycée) et les représentants des jeunes au sein des maisons de quartier, cette approche vise à rapprocher la prise de décision des lieux de vie. Cette structure décentralisée est un outil de co-construction destiné à alimenter la participation citoyenne aux projets de quartier.
- Initiatives pédagogiques pour démystifier l’engagement : Pour susciter des vocations et rendre la fonction d’élu plus accessible, plusieurs dispositifs sont envisagés. Le programme « Vis ma vie d’élu » permettrait aux jeunes de suivre un élu dans son quotidien pour en comprendre les implications concrètes. Des simulations de conseils municipaux et d’autres instances locales seraient organisées pour familiariser la jeunesse avec les rouages de la démocratie locale. Enfin, des formations à l’engagement, dispensées par des professionnels, seraient proposées à ceux qui souhaitent aller plus loin.
- Outils de démocratie directe : Afin de garantir que la parole des jeunes soit non seulement entendue mais aussi prise en compte, le projet prévoit la mise en place de visioconférences trimestrielles. Ces rendez-vous réguliers offriraient un canal direct pour que les jeunes puissent interpeller les élus, donner leur avis sur les projets en cours et faire remonter leurs propres propositions, incarnant ainsi la philosophie de co-construction au cœur de la démarche.
Cet effort pour revitaliser l’engagement citoyen repose sur un ancrage fort dans les territoires, où se jouent au quotidien les enjeux d’inclusion et de cohésion sociale.

Placer les quartiers et l’inclusion sociale au cœur de l’action
La philosophie d’intervention dans les quartiers prioritaires est guidée par le principe selon lequel « il faut tout un village pour éduquer les enfants. En ce qui nous concerne, c’est la même chose pour le quartier à Besançon ». Comme le souligne Saliha MERAH, directrice adjointe d’une maison de quartier en quartier prioritaire, il ne s’agit pas de tout réinventer, car « il y a beaucoup de choses qui existent qu’il faut consolider ». L’enjeu est donc de se donner les moyens humains et financiers pour renforcer ce qui fonctionne déjà, en plaçant l’accompagnement global des jeunes et de leurs familles au centre de l’action publique.
- L’accompagnement scolaire et l’émancipation : Le projet fait une distinction claire entre la simple « aide aux devoirs » et un véritable « accompagnement à la scolarité ». Cette approche holistique, telle que définie dans le projet, ne se limite pas à l’enfant : « quand on dit accompagnement à la scolarité, ça va toucher l’enfant, le jeune, ça va aussi toucher les parents et la famille ». L’objectif est de prévenir le décrochage scolaire, identifié comme une « grande cause du mandat ». La médiation par le sport et la culture est également mise en avant comme un levier puissant d’émancipation.
- Une nouvelle approche des infrastructures : En appliquant le concept de « ville du quart d’heure » aux quartiers, le projet entend privilégier des projets de proximité. Chaque nouvelle construction devra être pensée de manière « multimodale » : un gymnase, par exemple, devra intégrer des locaux pour les associations du quartier. Parallèlement, il est proposé d’ouvrir plus largement les infrastructures existantes, comme les cours d’écoles et les gymnases, durant les week-ends afin de renforcer le lien social.
- La participation citoyenne aux grands projets : Pour les grands investissements structurants (Arena, Micropolis), la méthode proposée est celle de la co-construction. Dès le début du mandat, l’ensemble des projets potentiels sera mis sur la table et les habitants, y compris les jeunes via les structures de démocratie locale décentralisées, seront directement associés au choix des priorités afin de garantir que les investissements correspondent aux attentes réelles de la population.
Cette action ciblée sur les quartiers doit impérativement s’articuler avec des mesures transversales pour lutter contre toutes les formes de précarité qui touchent la jeunesse.

Lutter contre la précarité et promouvoir le mieux-vivre ensemble
La lutte contre la précarité est un pilier essentiel du projet, abordée dans toutes ses dimensions : financière, logement, santé, mais aussi lutte contre les discriminations pour garantir un véritable « mieux-vivre ensemble ».

Pour une ville plus juste, solidaire et inclusive
Les mesures suivantes visent à garantir l’égalité des chances et à combattre activement toutes les formes d’exclusion.
- Une « tarification sociale et solidaire » : Cette proposition vise à réformer les grilles tarifaires municipales pour lutter contre les effets de seuil. L’objectif est d’éviter qu’un jeune de 26 ans, dont la situation financière n’est pas encore stable, perde subitement l’accès à de nombreux tarifs réduits et se retrouve à payer le plein tarif.
- Un plan de lutte contre les discriminations : Pour agir à la racine du racisme, du sexisme et de l’antisémitisme, le projet prévoit la mise en place de « référents » formés au sein des associations. Leur rôle sera de mener des actions de prévention. Parallèlement, une attention particulière sera portée à la valorisation des modèles positifs, notamment les femmes engagées dans le sport (à l’image de l’ESBF) et l’entrepreneuriat.
- L’inclusion des jeunes en situation de handicap : En s’appuyant sur des réussites locales comme le « raid Handi-fort», le projet ambitionne de systématiser l’accueil des jeunes en situation de handicap dans toutes les structures associatives. La démarche serait progressive, commençant par l’organisation d’une journée dédiée par an dans chaque association, avec le soutien de structures spécialisées.

Répondre aux urgences : logement, santé mentale et alimentation
Le projet apporte des réponses concrètes aux besoins vitaux exprimés par les jeunes.
- Le logement étudiant et jeune actif : Face au constat que les logements du CROUS sont insuffisants, notamment pour la nouvelle vague d’étudiants en santé sur le pôle de Chazal, le projet prévoit la construction de 500 à 600 logements de type F1/F2 sur le site des Hauts-du-Chazal. Ce programme, conçu dans une logique intergénérationnelle, est une application directe du principe de la « ville du quart d’heure » : il permettrait aux étudiants et jeunes actifs d’habiter à proximité de leur lieu d’études ou de travail, réduisant ainsi leur dépendance à la voiture.
- La santé mentale : Reconnaissant la « grande souffrance psychique » de la jeunesse, il est proposé d’élargir le périmètre du Contrat Local de Santé Mentale. L’objectif est de mobiliser plus fortement le Centre Communal d’Action Sociale (CCAS) et ses partenaires, notamment le Centre Hospitalier de Novillars, pour mieux prendre en charge les problématiques de santé mentale spécifiques aux jeunes.
- La sécurité alimentaire : Pour répondre aux difficultés croissantes des jeunes mais aussi des seniors, le projet inclut la création d’une « conférence alimentaire ». Cette instance réunirait tous les acteurs (Banque Alimentaire, associations) pour coordonner l’aide existante et étudier de nouvelles solutions, comme une « sécurité sociale alimentaire ».
Cette approche solidaire trouve un prolongement naturel dans le renforcement des liens entre les générations, perçu comme une solution à la fois sociale et professionnelle.
Tisser des liens entre générations et vers l’emploi
Le projet articule de manière étroite le lien intergénérationnel et l’insertion professionnelle, considérant qu’ils sont les deux facettes d’un même objectif de cohésion sociale et de transmission.
- Un rôle renforcé pour le CCAS dans l’insertion : Il est proposé de transformer le CCAS en « chantier d’insertion ». En conventionnant avec la Mission Locale, cette nouvelle compétence permettrait à des jeunes en grande précarité de « mettre le pied à l’étrier » en accédant à un premier emploi dans des métiers portés par le CCAS, comme le portage de repas ou l’aide à domicile. Ce dispositif offrirait un accompagnement pour « lever les freins à l’emploi » et construire un projet durable.
- Le développement des programmes intergénérationnels : Le projet vise à renforcer un dispositif existant dans les résidences autonomie. Le modèle permet à des étudiants de bénéficier d’un logement en étant « exonérés de charges locatives, ce qui fait qu’ils n’ont plus que le loyer sans charges », en échange de 10 heures par mois consacrées à des activités avec les résidents aînés. Cet échange, qualifié de « très riche », sera poursuivi et développé.

La co-construction comme moteur d’une cité fraternelle
Le projet « Besançon forte et solidaire » pour la jeunesse se distingue par sa philosophie transversale de la « co-construction ». Il ne s’agit pas de penser des politiques « pour » les jeunes, mais de les élaborer « avec » eux, en les reconnaissant comme des acteurs capables de construire la ville dans laquelle ils souhaitent vivre.
Cette vision implique concrètement de bâtir une ville plus proche des besoins quotidiens de ses habitants, de promouvoir une démocratie locale plus vivante, et de renforcer les solidarités entre les quartiers et les générations. En plaçant sa jeunesse au cœur de son action, le projet ambitionne de faire de Besançon une ville plus fraternelle, dynamique et tournée vers l’avenir, dans le cadre d’une démocratie apaisée et citoyenne.
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